INSALUBRITÉ MORBIDE, SYNDROME DE DIOGÈNE ET SANTE PUBLIQUE

Dans certains cas, les logements des personnes atteintes par le syndrome de Diogène, ont un tel niveau d’insalubrité que ses occupants encourent des risques pour leur santé et leur sécurité.

Le logement insalubre, vu sous l’angle du Diogène présente souvent les caractéristiques suivantes :
une malpropreté générale, un encrassement majeur, un encombrement excessif, un amoncellement d’objets hétéroclites, des produits à l’odeur fétide ou nauséabonde ou présentant des vapeurs toxiques, des vêtements en grande quantité, des récipients vides ou pleins (non utilisés), des amas de débris, des matériaux détruits ou inutilisables, des ordures ménagères en grande quantité, la présence d’animaux nuisibles (vermines, rongeurs, insectes…).

L’insalubrité morbide est par définition nuisible et peut entrainer des risques importants pour la santé et la sécurité de la personne atteinte mais aussi pour les voisins, les proches ou le personnel de santé se rendant au domicile.

Les risques peuvent être plus ou moins importants selon la nature des objets entassés : il peut s’agir d’objets « propres et secs » comme des vêtements neufs, des cartons, des journaux, des livres, des magazines, de la vaisselle, des ustensiles) mais cela peut être aussi des aliments avariés en décomposition, des ordures, des excréments (humains ou d’animaux), des cadavres d’animaux en putréfaction, des insectes ou nuisible en nombre.

On peut qualifier les risques en définissant quatre catégories principales :
– les risques majeurs sur la santé (risques biologiques)
– les risques sur la sécurité,
– les risques liées aux odeurs
– les conséquences psychosociales

DES RISQUES MAJEURS POUR LA SANTÉ

A l’intérieur d’un logement insalubre,  l’absence d’hygiène corporelle ou environnementale, peuvent poser de sérieux problèmes de santé parmi lesquels :

– des allergies
– de l’asthme
– des intoxications (ex : gastro-entérites)
– des irritations pulmonaires
– diverses infections récurrentes
– des dermatites
– des piqûres,
– des infestations de puces, de poux, de punaises de lit
– des maladies de la peau
– des maladies infectieuses
– des nausées
– des maux de têtes

De façon générale, les affections ou les maladies existantes ont tendance à s’aggraver dans un environnement pathogène. Les personnes fragiles ou déjà fragilisées par une santé défaillante encourent des risquent majeurs pour leur propre santé.

DES RISQUES POUR LA SÉCURITÉ

Les produits domestiques accumulés en grande quantité (produits de nettoyage ou d’entretien, colles, peintures, solvants) ou tout autre substance chimique peuvent causer des dégâts sur les revêtements de sol mais aussi contaminer l’air ambiant et disperser des vapeurs toxiques.

Les risques chimiques sont importants : 
– risque d’incendie
– brulures sévères
– augmentation des affections respiratoires
– risques de blessures dues aux amoncellements d’objets qui peuvent tomber et blesser
– risques liés à la difficulté d’accès aux pièces à cause d’un encombrement trop important qui obstrue le passage : impossibilité d’aérer les pièces, d’évacuer facilement en cas de danger
– risque d’une augmentation élevé du taux d’ammoniac dans le cas où de nombreux animaux sont présents

DES RISQUES LIÉS AUX ODEURS

L’accumulation de résidus entraîne souvent la survenue d’odeurs nauséabondes, souvent très incommodantes pour le voisinage, provenant le plus souvent de la décomposition de matières organiques ou des produits chimiques.
Aussi les malades souffrant de maladies chroniques (pulmonaires ou cardiaques) ou d’allergies connaîtront une aggravation de leur état causé, entre autre, par les effluves émanantes des multiples composants chimiques ou organiques présents dans l’habitat.

D’autres troubles à caractère psychologiques peuvent apparaitre chez les personnes vivant dans un environnement à l’odeur pestilentielle : une atteinte de l’humeur, des  troubles de l’anxiété, du sommeil, une altération des capacités intellectuelles, des maux de tête chroniques…

Dans un cadre résidentiel d’immeubles collectifs par exemple, ces odeurs affectent de façon importante la qualité de vie des voisins exposés contre leur gré.

DES RISQUES PSYCHOSOCIAUX

Les conséquences psychosociales de l’insalubrité morbide amènent à dégrader les relations des personnes concernées avec leurs proches (famille, amis) ou leur voisinage immédiat mais également avec les propriétaires bailleurs.

Les personnes atteintes du syndrome de Diogène ou d’insalubrité morbide sont souvent têtues, intelligentes dans leur excès, n’hésitant pas à profiter de toutes les règles en vigueur et prêtes à utiliser les lois en leur faveur pour éviter, par exemple de se faire expulser ou de devoir nettoyer.

Le voisinage immédiat devant côtoyer ou affronter les individus atteints d’insalubrité morbide sont confrontés à leur agressivité récurrente et aux risques accrus d’incendie et également aux odeurs nauséabondes et à la possibilité de contracter toutes sortes de maladies contagieuses.
Les proches de la personne atteinte, après avoir essayé sans succès d’intervenir, finissent souvent par abandonner devant l’état déplorable des lieux et l’ampleur des dégâts.

Une telle dégradation des lieux constitue un vrai problème pour un propriétaire-bailleur qui devra obliger son locataire diogène à remettre les lieux en état ou qui après son expulsion devra lui-même régler les frais de remise en état.
Dans ces cas, par l’intermédiaire d’une entreprise spécialisée, il s’avère souvent indispensable d’organiser une intervention de remise en état des lieux.

Les personnes vulnérables :
Les populations les plus vulnérables demeurent de façon générale :
– les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes ;
– les personnes souffrant de maladies physiques chroniques : maladies pulmonaires (asthme,
emphysème), maladies cardiaques,
– les personnes atteintes d’un cancer devant suivre un traitement de chimiothérapie
– les personnes souffrant de maladies psychiatriques : dépression, troubles d’anxiété généralisée,
troubles de la personnalité ..etc

DES SOLUTIONS A TROUVER

Pour une meilleure prise en charge des cas d’insalubrité morbide ou des personnes souffrant du syndrome de diogène, il est important d’accentuer les signalements qui pourront aider à la mise en place d’une aide plus globale.
Dans certains cas, l’hospitalisation permet aussi au patient souffrant du syndrome de Diogène de faire un bilan de santé général ou de prendre en charge des pathologies non ou mal soignées.

Différentes actions peuvent être mise en œuvre :
– un accompagnement psychologique
– un accompagnement aux démarches administratives et sociales
– des actions de médiation (auprès du bailleur, du voisinage et des proches.)
– des recherche de financement pour la remise en état
– des démarches pour la mise en place de dossiers de curatelle ou tutelle
– la mise en place de services à la personne pour une aide à la vie quotidienne
– la recherche de solutions d’hébergements durables notamment pour les personnes âgées dépendantes
– la mise en place de mesures de protection destinées aux majeurs

Les services publics souvent sollicités : 
– Police / Pompiers
– Intervenants / travailleurs sociaux / CCAS
– Médecins de famille, services spécialisés des hôpitaux
– Services Hygiène et Santé des Mairies
– Services d’aide financière
– SPA (Société Protectrice des Animaux)

Aussi il est souvent nécessaire de faire appel à une entreprise professionnelle pour une intervention concrète de débarrassage, de nettoyage et de désinfection.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies tiers destinés à vous proposer des vidéos, des boutons de partage, des remontées de contenus de plateformes sociales En savoir plus et paramétrer les cookiesOk, tout accepter